Commentaire sur le marché des grains

Le dernier rapport du DAA (Département Américain de l’Agriculture) sur l’offre et la demande du maïs n’a fait sursauter personne. L’estimation du stock de report de maïs pour 2014-15 à 1851 millions de boisseaux n’est pas très loin des attentes qui étaient à 1864 et pour 2015-16 le 1746 du DAA n’était pas loin non plus des attentes à 1752. Par contre, ce fût une toute autre histoire dans la fève soya. Ce n’est pas en 2014-15 que l’écart est important, car les attentes de 360 millions de boisseaux sont comparables au chiffre du DAA à 350. Mais pour 2015-16, c’est une tout autre histoire. Du 500 millions de boisseaux annoncés par le DAA, seul 443 étaient attendus. Cet écart a eu pour effet de faire reculer le prix de la fève soya de plus de 18 cents le boisseau dès les premières heures.

Commentaire sur le marché des grains

Les ensemencements vont bon train ici comme ailleurs. Aux États-Unis, on estime que 75% du maïs est semé au 10 mai et 29% du soya. Soit une avance respectivement de 18% et de 5% sur la moyenne des 5 dernières années. Localement, on peut dire que c’est comparable avec l’avancement moyen ici aussi. Les conditions de mise en terre sont également très bonnes. Jusqu’à présent, on pourrait qualifier le printemps de parfait.

L’activité commerciale est au point neutre pour l’ancienne récolte. 2014-15 n’apporte aucun intérêt autant aux producteurs qu’aux consommateurs. L’un à cause de la baisse constante des prix et parce qu’il est occupé aux champs et l’autre parce qu’il consomme ses placements en maïs local ou importé. Par contre, la demande est intéressée au maïs de la prochaine récolte. Les prix relativement bas redonnent le goût aux acheteurs de se positionner, car oui, une baisse drastique du marché boursier aurait un impact à la hausse sur les bases de prix. Mais une hausse marquée de cette partie de l’équation aurait tout de même pour effet de faire monter le prix payé en bout de ligne par l’utilisateur. Pour un producteur, l’intérêt est moindre actuellement. Pourtant, le risque que les stocks soient importants et qu’une pression de l’offre se fasse sentir, est très probable avec un printemps comme celui qu’on vit actuellement. L’offre mondiale sera aussi très imposante d’ici la fin 2016. Il ne faudrait pas repousser trop loin l’intention de vendre, le risque que les prix baissent est bien réel.

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