L’éleveur de bovins québécois Camille Cloutier a passé toute sa vie auprès d’animaux. C’est pourquoi il comprend l’idée derrière la construction d’un nouvel abattoir où sera diffusée de la musique classique et où les box seront pourvus de fenêtres pour réduire le stress subi par les vaches pendant leur transport.
« Les animaux doivent se sentir le plus en sécurité possible », affirme M. Cloutier, qui est aussi président d’un groupe de 135 producteurs québécois qui fournissent des bovins de boucherie élevés sans hormones et sans antibiotiques à l’entreprise Les Viandes Laroche.
Le propriétaire des entreprises Les Viandes Laroche construit cet abattoir au coût de 11 M$ près de son usine de transformation et de son siège social, dans la municipalité d’Asbestos, située en plein milieu d’une zone rurale délimitée de part et d’autre par les villes de Sherbrooke, de Drummondville et de Victoriaville. L’usine transformera jusqu’à 700 bovins par semaine à compter de son ouverture, en mai.
Selon le propriétaire de l’entreprise, M. Claude Laroche, les bestiaux recevront un traitement royal sur tous les plans, de l’alimentation à l’abreuvement, en passant par la diffusion de musique et par des fenêtres offrant vue à l’extérieur.
« Le transport occasionne du stress chez les bovins », explique-t-il. « C’est mauvais pour l’animal et pour la viande qui en est issue, et ce, pour différentes raisons, notamment les niveaux accrus (d’acidité) qui en résultent. »
Environ la moitié de la viande sera destinée à la filière « Viandes sélectionnées du Canton » de l’entreprise, qui consiste en une « viande de bœuf haut de gamme, à la fois tendre et maigre, issue d’un animal qui a principalement été nourri à l’herbe, dans un environnement approprié, sans hormones de croissance et pour lequel il est possible de retracer l’origine. »
L’entreprise de M. Laroche vend une grande quantité des 8 000 kilogrammes de viande qu’elle transforme chaque semaine à des épiceries spécialisées, des restaurants et des hôtels dans toute la province.
Ancien enseignant, M. Laroche a démarré il y a 35 ans une petite entreprise d’abattage dans la municipalité d’Asbestos dont il est originaire, et s’est recyclé dans la transformation et la distribution de bœuf, de porc, de volaille, de veau, d’agneau et de produits de charcuterie dans les années 1980. Il indique que la croissance de la demande, dans les années 1990, de bœuf de haute qualité retraçable de la ferme à la table l’a conduit à former une petite association d’éleveurs capables de fournir des bestiaux certifiés. Le réseau s’est agrandi et regroupe aujourd’hui 135 éleveurs.
« La demande de bœuf salubre de haute qualité croît de façon exponentielle », affirme M. Laroche. « Elle double chaque année. »
Il ajoute que ce projet de partenariat permettra à tous – producteurs, éleveurs, finisseurs, distributeurs et détaillants – de profiter de cette demande.
M. Cloutier partage cet avis.
Précédemment, cet éleveur établi depuis plusieurs générations vendait sa production annuelle de 80 veaux à l’enceinte de mise aux enchères locale, « comme tous les éleveurs ».
Depuis 2003, année où il s’est joint au réseau de producteurs et a adhéré aux lignes directrices et aux protocoles stricts exigés par M. Laroche, il obtient entre 200 $ et 250 $ de plus par animal.
« C’est aussi très agréable », ajoute M. Cloutier. « Nous mettons nos idées en commun et discutons avec M. Laroche et les utilisateurs finaux, et tout le monde s’efforce de s’adapter à l’évolution des besoins des clients pour être capable d’y répondre. Je n’ai jamais vu ou entendu parler d’un partenariat comme celui-ci au Québec ou au Canada. Pour un producteur, c’est une expérience exceptionnelle. »